Les Houthis prennent le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb
Les Houthis ont achevé, le 11 septembre 2026, leur prise de contrôle du détroit de Bab el-Mandeb en s'emparant de l'île de Perim (Mayun), au lendemain de la chute de la ville portuaire de Mocha.
En l'espace d'une semaine, le mouvement a également saisi les îles Hanish et Zuqar ainsi que la localité côtière de Dhubab, achevant une offensive éclair qui leur donne désormais des positions permettant de menacer directement les navires en transit, à l'artillerie comme aux drones et missiles.
Cette percée s'inscrit dans un contexte plus large de guerre ouverte entre les États-Unis, Israël et l'Iran depuis février 2026, qui a déjà quasiment paralysé le détroit d'Ormuz sous la pression du Corps des gardiens de la révolution islamique.
Pour la première fois, les forces alignées sur Téhéran se retrouvent ainsi de part et d'autre des deux corridors qui concentrent plus d'un quart du commerce mondial de pétrole par voie maritime.
Les conséquences se font déjà sentir sur les marchés : le baril de Brent a dépassé les 105 dollars, l'offre pétrolière saoudienne est tombée à son niveau le plus bas depuis trente ans, et les primes d'assurance maritime pour transiter par la zone ont été multipliées par trois à dix selon les navires.
Sur le plan diplomatique, le prince héritier Mohammed ben Salmane aurait demandé à deux reprises à Donald Trump d'engager des frappes américaines contre les Houthis, une requête que Washington aurait rejetée, préférant concentrer ses forces sur l'Iran et le détroit d'Ormuz. Une rencontre entre ministres du Golfe et iranien est prévue le 14 septembre à Oman pour tenter de désamorcer la crise autour d'Ormuz.
En outre, il y a le sujet sur la crédibilité de l'Accord de La Mecque, le pacte de défense mutuelle signé en août entre l'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan, qui reste à ce stade un engagement essentiellement politique et symbolique, dépourvu des mécanismes de coordination militaire nécessaires pour transformer la solidarité affichée en dissuasion réellement crédible.
Un jugement renforcé par la réticence du Pakistan à s'impliquer concrètement dans le conflit, afin de préserver ses relations avec Téhéran.
L'enjeu dépasse la simple prise d'un territoire supplémentaire par les Houthis. Le Yémen devient un second point de rupture maritime majeur, à un moment où le premier, Ormuz, pèse déjà lourdement sur l'économie mondiale.
Cela place Riyad face à un choix sans bonne option entre temporiser, au risque de voir les Houthis consolider durablement leur emprise, ou intensifier son action militaire, au risque de rouvrir un conflit qu'elle avait mis des années à refermer.
Sur mobile, le document s'ouvre mieux en plein écran.
Ouvrir le document