Accord Etats Unis Groenland Danemark
Vendredi 18 septembre, Donald Trump a annoncé un accord avec le Danemark et le Groenland qui garantirait aux États-Unis, « pour toujours » et sans coût, le contrôle de la sécurité de l'île.
Le communiqué danois est bien plus sobre. Il évoque un renforcement de la sécurité dans l'Arctique et l'Atlantique Nord, et affirme que la souveraineté du Royaume et le droit des Groenlandais à l'autodétermination sont préservés.
La signature est attendue la semaine prochaine à New York, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU. Les parlements danois et groenlandais devront ensuite ratifier le texte.
Le contenu concret vient surtout de responsables américains. Aucun pays hors OTAN ne pourrait installer de base ni de troupes au Groenland, et seuls les États-Unis et leurs alliés pourraient y réaliser des investissements « sensibles ».
Washington disposerait de droits permanents d'accès, de stationnement et de survol, qui survivraient à une éventuelle indépendance de l'île. Un responsable américain affirme aussi que les États-Unis pourraient construire de nouvelles installations sans l'accord de Copenhague et de Nuuk, ce que les gouvernements danois et groenlandais n'ont pas confirmé.
L'annonce met un terme à près d'un an de crise. Après avoir revendiqué la « propriété » de l'île et menacé l'Europe de droits de douane en janvier, Trump avait renoncé à la force à Davos et annoncé un « cadre » avec le secrétaire général de l'OTAN.
Huit mois de discussions discrètes ont suivi. Le président américain, qui aborde une semaine chargée à l'ONU, y trouve un succès de politique étrangère avant les élections de mi-mandat.
Sur le fond, l'accord ressemble davantage à un durcissement du régime de 1951 qu'à une rupture. Ce pacte, amendé en 2004 pour associer le Groenland, permet déjà aux Américains d'établir des bases avec l'accord du Danemark, d'y circuler librement et de le faire sans compensation.
Il n'en reste aujourd'hui que Pituffik, la base d'alerte antimissile du nord de l'île. Trois nouveautés se dégagent : des droits sans échéance, même en cas d'indépendance ; l'exclusion de la Chine et de la Russie, y compris pour les investissements ; et un glissement du cadre, de l'Atlantique Nord de l'OTAN vers la défense du continent nord-américain.
Reste à savoir qui décidera de ce qui est « sensible », dans un territoire qui gère lui-même son sous-sol depuis 2009. La clause d'indépendance devra aussi être conciliée avec la loi qui encadre l'autodétermination du Groenland. Et les investisseurs occidentaux devront se substituer aux capitaux chinois écartés.
Le calendrier est serré : ratifications, définition des investissements sensibles, premiers sites américains et, le 10 novembre, échéance de la suspension des contrôles chinois sur les terres rares.
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